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Évaluation immobilière pour notaires : la valeur à la date du décès
Le dossier établit une valeur vénale arrêtée à une date de référence choisie par l'office, jusqu'au 1er janvier 2023, à partir des transactions enregistrées antérieures à cette date. L'évaluation rétroactive à la date du décès ou de la donation est l'objet de cette page. Deux documents sont livrés pour un prix : le rapport d'évaluation, qui porte la valeur vénale, ses transactions comparables, la méthode et la fourchette ; et la note patrimoniale de succession, qui reprend cette valeur pour en tirer la part par héritier et les droits estimés. L'ensemble est une base de travail versable au dossier, jamais une décision.
Vous êtes un particulier ? Cette page décrit une offre réservée aux cabinets, dont les prix sont affichés hors taxes. Estimer mon bien.
Peut-on obtenir une valeur vénale arrêtée à la date du décès ?
Oui. La date de référence est un paramètre du rapport, au même titre que la surface : par défaut elle vaut le jour de la commande, et l'office peut la reculer jusqu'au 1er janvier 2023. Quand elle recule, trois sources se recalent ensemble. Les comparables sont filtrés sur les ventes antérieures à cette date. Le loyer de référence bascule sur le millésime de la carte des loyers de l'ANIL qui couvre cette période. Le référentiel de place utilisé en méthode tertiaire est rééchelonné par l'évolution de marché mesurée entre les deux dates. Le plancher du 1er janvier 2023 tient aux données : aucun millésime de la carte des loyers antérieur à 2022 n'est publié, et la méthode par comparaison demande trois années d'historique de transactions en amont de la date retenue.
Pourquoi la date retenue pour les comparables change-t-elle l'analyse ?
Parce que la loi fiscale et la doctrine administrative fixent la valeur au jour du fait générateur, et non au jour où le dossier est monté. L'enjeu n'a rien de théorique. Devant la cour d'appel de Paris, le 9 septembre 2024 (RG n° 22/14444), l'administration soutenait qu'un appartement de 203 m² avait été sous-évalué dans une déclaration de succession ; le bien avait été revendu 2 920 000 € l'année suivante. La cour a écarté deux des trois termes de comparaison de l'administration, dont la localisation n'était pas similaire, l'a jugée défaillante en ne produisant plus qu'un seul élément comparable, et a retenu la valeur déclarée : 2 370 000 €. « Il appartient dès lors à l'administration de justifier de l'évaluation qu'elle retient et ce, en fonction d'éléments de comparaison suffisants portant sur des biens intrinsèquement similaires. » L'ampleur du décalage varie d'un secteur à l'autre : la mesure publiée sur cette page en donne la dispersion.
Que contient le dossier, et en combien de documents ?
Deux documents, un prix. Le rapport d'évaluation porte la valeur vénale retenue, sa fourchette, les transactions comparables avec leur date, leur surface et leur distance, les ajustements appliqués et la méthode suivie. La note patrimoniale de succession reprend cette valeur, applique l'abattement de 20 % de l'article 764 bis du code général des impôts lorsque l'immeuble constituait au jour du décès la résidence principale du défunt et qu'il était occupé à cette même date par le conjoint survivant, le partenaire de pacte civil de solidarité ou un enfant mineur ou majeur protégé, puis présente la part par héritier, l'abattement personnel et les droits estimés. Les deux documents portent la même valeur vénale, à l'euro près.
Sur quelles données la valeur vénale est-elle établie ?
Sur des transactions réellement enregistrées, et sur la méthode par comparaison. L'article 761 du code général des impôts dispose que les immeubles « sont estimés d'après leur valeur vénale réelle à la date de la transmission ». La doctrine administrative retient la même règle : « En principe, les biens transmis sont évalués à leur valeur vénale au jour du fait générateur de l'impôt » (BOI-ENR-DMTG-10-40-10), et définit cette valeur comme « le prix qui pourrait en être obtenu par le jeu de l'offre et de la demande dans un marché réel ». Le rapport retient de 2 à 5 transactions comparables, notées chacune sur 100 selon leur distance, leur écart de surface, leur ancienneté et la disponibilité de leur diagnostic de performance énergétique ; seules celles qui atteignent 40 sur 100 sont conservées. Le rayon part de 2 km et s'élargit à 5, 10 puis 15 km tant que trois transactions ne sont pas réunies, avec une tolérance de surface de plus ou moins 30 %.
Que dit la Cour de cassation sur le devoir d'alerte du notaire ?
La première chambre civile a jugé, le 6 octobre 2021 (pourvois n° 19-23.507 et 19-24.683), que « le notaire, chargé d'établir un état liquidatif de communauté, est tenu d'alerter les parties lorsqu'il dispose d'éléments lui permettant de déceler ou de suspecter que les biens en cause ont été manifestement sous-évalués ». Le seuil retenu est celui de la sous-évaluation manifeste, pas de la sous-évaluation notable. Le contexte du contrôle est documenté : la Cour des comptes relève, dans son rapport de septembre 2024 sur les droits de succession, 24 686 contrôles et 380,2 M€ de droits rappelés pour 2022, et rapporte que les services locaux visités « ont tous souligné la part prépondérante des contrôles portant sur la valeur des biens meubles et immeubles ». Ce que ce service produit est un document tiers, daté et appuyé sur des transactions identifiables : quel que soit son sens, il laisse une trace de ce qui a été examiné, et à quelle date.
Comment un office commande et suit ses dossiers ?
Par un compte de cabinet. La commande se passe en ligne, dossier par dossier, avec la référence interne que l'office saisit lui-même ; l'espace dossiers regroupe ensuite les rapports produits, leur statut et leur montant. La mention du cabinet peut figurer en couverture du rapport et de la note, avec ses coordonnées et cette même référence. Elle ne change pas une ligne du contenu de l'évaluation : mêmes transactions, mêmes ajustements, même valeur et même fourchette. C'est cette indépendance qui fait la valeur du document versé au dossier.
L'écart entre deux dates de référence n'est pas un détail de mise en forme : sur un même bien, il déplace la valeur retenue, et il ne se déduit d'aucune moyenne nationale.
Sur le millésime 2025 de l’observatoire VALORIS, l’évolution du prix médian au mètre carré sur douze mois se répartit ainsi sur 279 couples formés d’un département et d’un type de bien : un dixième recule de plus de 2,57 %, la médiane s’établit à +0,62 %, un dixième progresse de plus de 4,40 %, et les extrêmes vont de -14,34 % à +77,32 %. Rapporté à un bien de 350 000 €, l’écart entre ces deux déciles vaut 8 995 € de moins au premier et 15 400 € de plus au neuvième.
Distribution de l'évolution du prix médian au mètre carré sur douze mois, sur le dernier millésime disponible, pour tous les couples formés d'un département et d'un type de bien qui la renseignent : effectif, premier décile, médiane, neuvième décile, minimum et maximum. Les deux montants en euros sont la traduction des bornes arrondies à deux décimales, appliquées à un bien de 350 000 €, puis arrondies à l'euro. — Observatoire VALORIS, transactions DVF agrégées par département, par type de bien et par millésime, mesure du 6 septembre 2026
Une succession en ligne directe, un même bien, deux dates de référence
- Appartement de 72 m², 3 pièces, DPE D, construit en 1980
- Lyon 6e arrondissement (69006)
- Deux dates de référence pour le même bien : 2026-09-06, puis 2024-09-06
- Succession en ligne directe, 2 héritiers, résidence principale du défunt
| Valeur vénale à la date du jour | 358 200 € |
|---|---|
| Valeur vénale à la date de référence reculée | 358 200 € |
| Écart entre les deux dates | 0 € |
| Écart en pourcentage | 0,00 % |
| Transactions comparables retenues | 5 |
| Part par héritier, après abattement de 20 % sur la résidence principale | 143 280 € |
| Abattement personnel par héritier | 100 000 € |
| Droits estimés par héritier | 6 850,35 € |
Le même bien, deux dates de référence, et une valeur arrêtée à chacune d'elles. Sur ce bien, les deux dates rendent la même valeur, 358 200 €, et l'écart mesuré vaut 0 €. Ce résultat est publié tel qu'il a été mesuré : il montre ce que la date de référence garantit, une valeur arrêtée à une date documentée et appuyée sur les transactions antérieures, et non une variation systématique. L'ampleur du décalage dépend du secteur et de la période.
Exemple établi sur un bien de démonstration avec les données de marché réelles du secteur (transactions DVF) — aucun dossier client.
Tarifs
Tarifs hors taxes, réservés aux cabinets.
Tarifs à l'acte
Le prix baisse à mesure que vos dossiers du mois s'accumulent. Les paliers se recomptent à chaque mois civil.
- Rapports 1 à 429,00 € HT
- Rapports 5 à 1425,00 € HT
- Rapports 15 à 3921,00 € HT
- À partir du 40e rapport18,00 € HT
Le prix de chaque rapport est figé au moment où vous le commandez : il ne change plus ensuite, et votre état de frais porte ce montant.
Packs prépayés
Achetés d'avance, décomptés avant toute commande à l'acte.
- 6,00 € HT de moins
5 rapports
135,00 € HT — 27,00 € HT le rapport
- 16,00 € HT de moins
10 rapports
250,00 € HT — 25,00 € HT le rapport
- 47,00 € HT de moins
25 rapports
550,00 € HT — 22,00 € HT le rapport
- 139,00 € HT de moins
50 rapports
950,00 € HT — 19,00 € HT le rapport
Validité 12 mois Chaque achat reporte l'échéance de l'ensemble de vos crédits. Montants hors taxes ; TVA de 20 % en sus.
Ce que votre cabinet reçoit par dossier
Chaque dossier commandé donne lieu à un état de frais, distinct du rapport : il porte le montant hors taxes, la taxe, le total, et la référence de dossier que vous avez saisie. Vous le refacturez à votre client.
Les dossiers du mois sont regroupés en un seul récapitulatif mensuel, dont le montant est la somme exacte des états de frais du mois. Aucun engagement de durée, aucun volume minimum.
Portée et limites du document
Il constitue une base de travail. Il facilite la discussion entre les parties et peut servir auprès du notaire ou de tout autre professionnel du dossier. Il ne s'impose à personne, ne préjuge d'aucune décision et ne remplace ni une expertise judiciaire, ni l'appréciation d'une administration ou d'une juridiction.
Questions fréquentes
Jusqu'à quelle date passée peut-on remonter ?
Jusqu'au 1er janvier 2023, pour les deux contraintes de données rappelées plus haut : le millésime de la carte des loyers et les trois années d'historique de transactions. En deçà, le dossier n'est pas produit ; un office qui a ce besoin peut nous écrire à contact@valoris-immo.fr.
Combien de transactions comparables le rapport retient-il, et comment sont-elles choisies ?
De 2 à 5, jamais moins de 2. Chaque transaction candidate reçoit une note sur 100 : distance jusqu'à 40 points, écart de surface jusqu'à 30, ancienneté jusqu'à 20, disponibilité du diagnostic de performance énergétique jusqu'à 10. Seules celles qui atteignent 40 sur 100 sont retenues, et leur pondération figure dans le rapport.
Que se passe-t-il si le secteur compte trop peu de transactions ?
Le rayon de recherche s'élargit, et la fourchette s'ouvre. La recherche part de 2 km, puis passe à 5, 10 et 15 km tant que trois transactions ne sont pas réunies. Le score de fiabilité baisse en conséquence, et la fourchette autour de la valeur retenue passe de 5 % à 7 %, puis à 10 %. Le rapport l'écrit, avec le nombre de transactions retenues : une zone peu documentée se voit dans le document.
Le dossier remplace-t-il une expertise ?
Non, et sa portée est écrite sur cette page. Le dossier documente une valeur vénale, la date à laquelle elle est arrêtée et les transactions sur lesquelles elle repose. Il ne se substitue ni à une expertise judiciaire, ni à l'appréciation d'une administration ou d'une juridiction, et il ne s'impose à personne. Il n'est pas établi après visite : ses données descriptives sont celles que le demandeur déclare, et le rapport le dit.
Le cabinet peut-il faire figurer sa mention sur le document ?
Oui, en couverture du rapport et de la note. La mention porte le nom du cabinet, ses coordonnées et la référence de dossier saisie à la commande. Le contenu de l'évaluation ne bouge pas d'une ligne. Le dépôt d'un logo de cabinet n'est pas encore ouvert : la mention est aujourd'hui textuelle.
Sources
- CGI, article 761 : valeur vénale réelle à la date de la transmission, consulté le 6 septembre 2026
- CGI, article 764 bis : abattement de 20 % sur la résidence principale du défunt, consulté le 6 septembre 2026
- BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10 : évaluation des biens transmis, consulté le 6 septembre 2026
- BOFiP, BOI-ENR-DMTG-10-40-10-10 : principe d'évaluation à la valeur vénale, consulté le 6 septembre 2026
- Cass. 1re civ., 6 octobre 2021, pourvois n° 19-23.507 et 19-24.683, consulté le 6 septembre 2026
- CA Paris, Pôle 5 chambre 10, 9 septembre 2024, RG n° 22/14444, consulté le 6 septembre 2026
- Cour des comptes, « Les droits de succession », septembre 2024, consulté le 6 septembre 2026
Valentin Bastien — VALORIS
Mis à jour : 6 septembre 2026